Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK)

PJAK(Iran) (Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê — PJAK) Mouvement kurde, qui aurait été créé en 2003 par les Etats-Unis(1), avec l’aide d’Israël.(2) Selon certains commentateurs, il serait issu du ► Parti des Travailleurs Kurdes (PKK), de la tendance de ► Murat Karayilan dont il constituerait la branche iranienne. iranienne. Son apparition officielle est associée à son premier congrès, le 25 mars 2004. Il a été fondé, puis dirigé par Akif Zagros jusqu’à sa mort en mai 2006, puis par Abdul Rahman Haci Ahmedi. Ses effectifs seraient d’environ 3 000 combattants et plusieurs milliers de sympathisants. Il est articulé en une aile politique, qui comprend l’Union des Femmes du Kurdistan Oriental (YJRK), dirigée par Gulistan Dogan (2007) et l’Union de la Jeunesse du Kurdistan Oriental (YORK), qui sont des organisations de front pour la mobilisation et l’éducation des militants, et une aile militaire composée des Forces de la Liberté du Kurdistan (Hezen Azadiya Kurdistan — HAK) (souvent également appelées Forces du Kurdistan Oriental (Hezi Rojhelati Kurdistan – HRK))

Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK)_Structure sommaire du PJAK (2007)

[Source : PJAKJ]

Le PJAK serait entraîné par des forces spéciales américaines en vue de combattre en Iran. Selon des informations non-confirmées, Israël fournirait armes et formation à ses combattants dans le but d’exercer une pression sur le gouvernement iranien. Il a des sanctuaires dans le Kurdistan irakien, avec une base sur le mont Qandil (à une quinzaine de kilomètres de la frontière iranienne) et opère par des raids transfrontaliers contre des objectifs iraniens choisis en fonction des intérêts américains. En avril 2006, un parlementaire américain, Dennis Kucinich, a demandé au président G. W. Bush une clarification quant au rôle du gouvernement américain dans la genèse et les opérations du PJAK… mais a reçu une réponse niant l’implication des USA. En 2005, lors de ses raids en Iran, le PJAK aurait tué quelque 120 militaires iraniens et un nombre équivalent en 2006. La stratégie d’action du PJAK rappelle celle du PKK turc et s’inspire des stratégies révolutionnaires marxistes : politisation des étudiants, des intellectuels et des femmes, créations de cellules clandestines de propagande et de conscientisation, puis passage à l’action militaire. Cette stratégie de caractère asymétrique, qui met à profit les réactions brutales de l’adversaire, semble avoir été efficace et a donné au PJAK une certaine légitimité internationale, qui sert également les intérêts américains. Au plan opérationnel, le PJAK opère par des raids et des actions transfrontalières ponctuelles.

(1)Son histoire est cependant contestée, car ses membres prétendent que le mouvement a été créé en Iran en 1997 déjà à partir de mouvements pacifistes et de droits de l’homme, puis aurait émigré vers le Kurdistan irakien en 1999. (James Brandon, The Jamestown Foundation, 15.06.2006.
(2)Hersh, Seymour M., « The Next Act », The New Yorker, 27.11.2006