Pasdaran-e Enghelab-e Islami (Pasdaran)

Autres appellations :
Sepah-e Pasdaran-e Enqelab-e Eslami Gardiens de la Révolution Pasdaran

(Iran/Liban) (Corps des Gardiens de la Révolution Islamique) Organisation
paramilitaire créée le 5 mai 1979 par un décret de l’Ayatollah Khomeiny. En dépit des allégations de certains pays occidentaux, elles ne sont pas une organisation terroriste, mais une structure officielle, chargée de la sécurité intérieure. Les Pasdaran sont des forces islamiques très loyales au régime, créées pour suppléer aux forces armées, qui avaient été formées sous le régime du Shah et dont la loyauté au nouveau régime était sujette à caution. Ainsi, dans un premier temps, les Pasdaran ont ainsi été l’un des piliers de la « Révolution Islamique » engagée par l’Ayatollah Khomeiny dans les années 80 à la fois pour des missions intérieures et pour la défense extérieure du pays. C’est ainsi que les Pasdaran ont été engagés dans la guerre contre l’Irak avec des résultats désastreux, car ils n’étaient pas préparés pour ce type d’action. Progressivement, après la guerre, avec la reconstruction des forces armées, une plus claire distinction des rôles et des capacités est apparues entre les forces armées (défense extérieure) et les Pasdaran (défense intérieure).

Rôle et structure

Les Pasdaran sont une force de sécurité intérieure, non pas au sens d’un service de sécurité mais plutôt d’un système de défense territorial. Le fait que des Pasdaran aient été déployés au Liban pour constituer le système de défense territorial

► Hezbollah (que l’on a vu à l’oeuvre lors de l’intervention israélienne de l’été 2006) a eu pour conséquence de les associer au terrorisme, le Hezbollah étant lui-même considéré comme terroriste par plusieurs pays occidentaux et Israel. Les Pasdaran sont organisés de manière territoriale, avec une structure de conduite séparée des forces armées au niveau de la gestion administrative. En revanche, au niveau des commandements opérationnels, les Pasdaran sont représentés dans les états-majors des forces, afin de coordonner l’action des forces armées et les forces de sécurité. Lors de la guerre contre l’Irak, les Pasdaran assuraient essentiellement des tâches anti-insurrectionnelles, contre les divers mouvements et organisations subversives communistes ou parrainées par l’Irak.

Chefs des Pasdaran

Abbas Agha Zamani 1979
Javad Mansouri 1979-1980
Mostafa Chamran 1980-1981
Mohsen Rezaee 1981-1997
Yahya Rahim Safavi 1997-2007
Mohammed Ali Jafari (major-général) 2007-

 

Les Pasdaran sont constitués d’environ 125 000 personnels professionnels. Ils sont complétés par des supplétifs locaux, recrutés aux niveaux des provinces et mobilisés en cas de besoin pour faire face à des situations de crise. Cette organisation supplétive, appelée Bassij (Mobilisation), était placée sous un commandement distinct jusqu’en 2007.(1) Avec l’intervention américaine en Irak les opérations clandestines de la CIA en Iran se sont développées dès 2003, stimulant l’activité des mouvements insurrectionnels iraniens. Ce phénomène, accompagné de menaces d’intervention américaine a imposé une restructuration des Pasdaran, qui a été menée en 2007 et qui comprend essentiellement un renforcement et une autonomisation des 31 états-majors territoriaux des Pasdaran dans les provinces, ainsi que l’intégration de la Bassij dans la structure de conduite opérationnelle des Pasdaran. La Bassij constitue ainsi une sorte de réserve, lorsque la situation est trop importante pour les unités Pasdaran. La Bassij reste néanmoins une entité distincte des Pasdaran, avec ses propres structures de gestion. Ainsi, le chef des Bassij, le brigadier-général Seyyed Mohammad Hejazi, a été nommé au poste d’adjoint du commandant des Pasdaran, le 22 mais 2008.

Les Pasdaran comptent quelques formations spécialisées :

  • les unités ► Al-Qods, initialement destinées à former les mouvements révolutionnaires islamiques en Iran et à l’étranger. Les unités Al-Qods ont des fonctions très analogues à celles des Forces Spéciales (« bérets verts ») américaines : opérations sur les arrières ennemis, entraînement et formation de forces insurrectionnelles, lutte anti-insurrectionnelle, etc.
  • Les brigades Al-Zahra et `Ashoura, qui sont des unités anti-émeutes, dévolues au maintien de l’ordre.

En fait, très peu de choses sont réellement connues sur les activités des Pasdaran et leurs unités Al-Qods. Même les rapports des services de renseignements occidentaux contiennent de nombreuses spéculations et rumeurs à leur sujet. On leur prête notamment des rôles variés, allant de l’exportation d’armes à la mise en oeuvre d’armes nucléaires, mais la plupart de ces missions spectaculaires sont peu cohérentes avec les rapports sur leur formation et les équipements en dotation.

Liban

Forces loyales à la cause islamique, les Pasdaran ont été présents jusqu’à la fm de 1990 — à travers leurs unités Al-Qods — au Liban, avec un poste de commandement opérationnel, situé à Ras al-Aïn (Baalbek). La force des Pasdaran/A1-Qods au Liban était articulée en cinq commandements opérationnels situés à Beyrouth-sud, Tyr, Aïn Boussouar, Mlita (Djebel Safi) et Machghara (Beka’a Ouest). Elle était dirigée par Assadalah Hadji Reza Asgar (« Abou Asager »).

Depuis les Accords du Taef, les Pasdaran n’ont plus de présence officielle au Liban. Les rapports mentionnant la présence d’instructeurs des Pasdaran auprès du Hezbollah sont vraisemblables, mais non confirmés. Durant la dictature de Saddam Hussein en Irak, de nombreux irakiens chiites ont rejoint l’Iran et ont été formés par les Pasdaran. Il n’est donc pas surprenant de trouver aujourd’hui des irakiens rentrés au pays et formés par l’Iran.

Le 25 octobre 2007, le gouvernement américain a porté le Corps des Pasdaran sur la liste des organisations terroristes ou soutenant le terrorisme, aux termes de l’Executive Order 13224 du Président George W. Bush.

(1)La dénomination officielle de la Bassij est Nirouye Moqavemate Bassij (Force de Résistance Mobilisée). Initialement destinée à donner une assise populaire à la révolution islamique en Iran, la Bassij a également été sollicitée pour participer à l’effort de guerre contre l’Irak dans les années 80. Plus tard, la Bassij a également été engagée pour renforcer les forces de police, notamment pour des activités de maintien de l’ordre.