Philippines

Les Philippines sont l’objet de deux courants rebelles majeurs :

Les exactions et extorsions conduites par la NPA ont poussé la population à créer des groupes de résistance locaux. Initialement placés sous le label de Citizen Armed Forces Geographical Unit (CAFGU), ces milices se sont fréquemment rendues responsables d’exactions et de violations des droits de l’homme à leur tour. Au nombre approximatif de 72 000 au début des années 90, les effectifs des CAFGU ont été progressivement réduits par le gouvernement philippin à partir de 1994. Toutefois, dès le début des années 2000, la recrudescence de la rébellion a freiné cette réduction, voire ont stimulé la création de nouveaux groupes — parfois même hors du contrôle des forces de sécurité — souvent d’origine religieuse ou sectaire, dont les activités d’autodéfense ont dérivé vers une criminalité organisée. Les principales milices anti-insurrectionnelles sont:

  • Alsa Masa,
  • Tadtads (Coupe-Coupe), ainsi dénommé en raison de sa pratique de la machette, un groupe anti-communiste, également nommé « Sagrada Corazon Saior », qui s’apparente davantage à une secte religieuse. Il est dirigé par un certain Sade Catili, qui se prétend réincarnation de Jésus-Christ. Ses membres se considèrent comme « Soldats du Christ » et sont protégés par un charme magique (anting-anting) qui les rendrait invulnérables aux balles. Le groupe est particulièrement brutal et considère la mort de ses ennemis comme des actes rituels. On lui prête également des rites cannibales.
  • Alimaong, (également connu sous l’appellation de « Guerriers Saints ») basé dans la région de Bohol. Il s’agit d’une structure traditionnelle de défense de la tribu Higaonon, essentiellement présente dans les Visayas et le Nord de Mindanao. La fonction de ces groupes est sujette à discussion : probablement mise à profit par l’armée philippine (en l’occurrence, le 15e Bataillon d’Infanterie) pour lutter contre l’insurrection communiste, l’Alimaong revendique un caractère culturel destiné à promouvoir les valeurs philippines tribales traditionnelles.(1)
  • Armadong Tribo sa Umayamnon (ATU), basé à Barangay Valentina, Lapaz
  • Alamara (« Grande Guerre Tribale »), basé dans le district de Paquibato de Davao City et opérant dans la Région de Davao-Sud. Il est un groupe tribal « lumad », constitué d’ex-membres des CAFGU de Davao et serait contrôlé par le 73e Bataillon d’Infanterie de Calinan.
  • Bagani, qui opère dans la zone frontalière des secteurs Davao, Nord Cotabato et Bukidnon.

Philippines_Zone operationnelle des mouvements armes philippins

A ces groupes s’ajoutent des bandes aux motivations essentiellement criminelles, mais avec un vernis politique ou religieux, qui s’attaquent à l’une ou l’autre des communautés religieuses. Il en est ainsi du groupe du « Commandant » Pakil Ayunan, actif dans le secteur de Cotabato (île de Mindanao) et qui s’attaque périodiquement aux communautés chrétiennes.

(1)Ce groupe ne doit pas être confondu avec le Red Alimaong Platoon (« Peloton Alimaong Rouge »), qui est une unité de la NPA.