Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD)

(République Démocratique du Congo) Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) est un mouvement révolutionnaire, mais n’est pas un mouvement terroriste à proprement parler. Il est le premier mouvement contre le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila créé à Goma au début août 1998 (Nord Kivu). Il est soutenu par le Rwanda et a signé les Accords de Lusaka (31 août 1998), placé sous l’égide de l’ex-président Masire du Botswana. Il est essentiellement composé de « Banyamulenge », émigrés tutsi du Rwanda des années 60. Son armée est alors de 50 000 hommes.

Il est dirigé par un Comité Directeur composé d’un Directoire et de Chefs de départements (équivalents de ministres) :

  • le département de l’administration du territoire;
  • le département des activités militaires;
  • le département de mobilisation et propagande;
  • le département des relations extérieures;
  • le département de logistique;
  • le département des Finances;
  • le département de la Justice et des Droits Humains;
  • le département de communication et presse;
  • le département de sécurité et renseignement;
  • le département de l’éducation nationale;
  • le département de la santé et affaires sociales
  • le département des stratégies et de planification.

RCD Kisangani

En mai 1999, le président du RCD, ► Wamba dia Wamba, mis en minorité dans son parti décide de former son propre mouvement. Il s’installe à Kisangani et crée le RCD-Kisangani (on parle dès lors du RCD-Kisangani et du RCD-Goma, dirigé par le Dr Émile Ilunga Kalambo).

RCD — Mouvement de Libération (RCD-ML)

En août 1999, après la victoire de l’Armée Populaire Rwandaise contre les troupes ougandaises à Kisangani provoque le départ du président du RCD-Kisangani, Wamba dia Wamba, à Kampala (Ouganda) où il crée le RCD-Mouvement de Libération (RCD-ML) également connu sous l’appellation RCD­Kisangani/Mouvement de Libération (RCD-K/ML). Son quartier-général est situé à Bunia (RDC), dans la Province Orientale, à l’Est du lac Albert. Le RCD-ML forme une aile militaire, Armée du Peuple Congolais (APC), et recrute alors des combattants dans les ethnies Nande et Hema, qui sont formés dans les camps de Nyaleke à Beni et de Rwampara à Bunia.

L’APC est composée de bataillons de 500-700 hommes, dont les commandants sont subordonnés directement à Wamba, simultanément Commissaire à la Défense et Président du mouvement. Parmi ceux-ci, le bataillon Usalama est déployé dans le secteur de Bunia. Au début 2000, avec le pouvoir croissant acquis par les dirigeants locaux du mouvement, Wamba crée une Unité de Protection Présidentielle (UPP), dont les membres sont triés sur le volet et proviennent de l’ex-armée zaïroise et de déserteurs des Forces Armées Congolaises (FAC) du Président Kabila. Environ 2% des membres de l’UPP proviendraient de l’ethnie Wacongo du Bas-Congo, région d’origine de Wamba.

Le mouvement se désagrège et les défections sont nombreuses. En juillet 2000, des Hema et Tutsis (Banyamulenge), membres militaires du RCD-ML, rejoignent les milices Hema dans la brousse. Le mouvement se décompose et donne naissance au RCD-National, tandis que le reste du RCD-ML se regroupe au Nord de Goma et déplace son quartier-général à Beni.

Le RCD-ML tente de fusionner, en janvier 2001, avec le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba pour former le Front de Libération du Congo (FLC), soutenu par l’Ouganda.

En 2003, le RCD-ML est dirigé par Mbusa Nyamwisi, issu de l’ethnie Nande. Sa zone opérationnelle s’étend sur les territoires de Beni et de Lubero avec son épicentre dans la ville de Butembo (au nord-est du Lac Edouard, Nord-Kivu).

RCD Goma

Le 28 octobre 2000, Kalambo démissionne et est remplacé à la tête du RCD-Goma par le Dr Adolphe Onosumba Yemba (ancien responsable du département des Relations extérieures du RCD) qui devient président du RCD et chef suprême de ses forces armées. Le président du RCD préside le Conseil Supérieur de l’Armée (CSA), créé le 3 novembre 2000. Le CSA est l’organe suprême de commandement des forces du RCD.(1)

L’Armée Nationale Congolaise-RCD (ANC-RCD) constitue le bras armé du RCD­Goma. Ses effectifs sont estimés à 17 000 — 20 000 combattants issus de l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération (AFDL) de Laurent Kabila, des Forces Armées Congolaises (FAC) et de Rwandais dont les unités étaient stationnées au Kivu en 1998. Elle soutient le Rwanda.

Le CSA a autorité sur l’état-major général de l’ANC-RCD, qui est dirigé par le commandant Sylvain Buki, avec pour adjoints le commandant Malik Kijege, responsable des opérations et le commandant ► Gabriel Amisi (alias Tango Fort), responsable de la logistique.

Ce changement donne l’occasion d’une restructuration du mouvement avec notamment la création d’un secrétariat général, dirigé par Me Azarias Ruberwa Manywa. Le RCD se dote de chefs de départements, parmi lesquels le Dr Bizima Karaha (Administration et sécurité du territoire), Me Moïse Nyarugabo (Justice, droits de l’homme et règlement des conflits), Me Joseph Mudumbi (Relations extérieures et coopération), Emmanuel Kamanzi (travaux publics et aménagement du territoire), le Commandant Jean-Pierre Ondekane (Forces Armées) et Kin-kiey Mulumba (Communication et Culture).

A la fin novembre 2002, le RCD-Goma a nommé 9 généraux, 28 colonels et 48 lieutenants-colonels(2), en vue de la formation d’une armée congolaise unifiée qui regroupe les forces armées gouvernementales et rebelles. Sont promus au rang de général de division le président du RCD, ► Adolphe Onusumba, le chef d’état-major de l’ANC-RCD, ► Sylvain Buki, et l’ancien chef du Haut Commandement Militaire du RCD, Jean-Pierre Ondekane. ► Malik Kijege et Gabriel Amisi sont nommés généraux de brigade.

Depuis 2003, le RCD — Goma est présidé par Azarias Ruberwa. Il est soutenu par le Rwanda et l’Ouganda et s’associe au gouvernement national de transition formé le 30 juin 2003 par Joseph Kabila.

RCD – Congo

Faction du RCD - Goma apparue en juin 2002, dirigée par Kin-kiey Mulumba.

RCD National (RCD-N)

Faction dirigée par Roger Lumbala et issue du RCD-ML.

(1)II remplace le Haut Commandement Militaire, dirigé depuis 1998 par le commandant ► Jean-Pierre Ondekane
(2)Jusqu’alors, les officiers supérieurs du RCD, jusqu’au chef d’état-major, portaient le grade unique de « commandant ».