Régiment Islamique à Usages Spéciaux (RIOS)

Autres appellations:
Régiment Islamique Spécial al-Jihad-Fisi-Sabililah
Régiment Islamique à Destination Spéciale
Islamskiy Polk Osobogo Naznatcheniye (IPON)

(Russie / Tchétchénie) Groupe nationaliste islamiste radical tchétchène. Il est issu du « Régiment Islamique », groupe indépendant créé en 1995 par Arbi Baraïev ­avec l’aide de Zelimhana Yandarbieva. A la suite d’une mutinerie à Gudermes, il dissout en juin 1998 par le président Aslan Maskhadov. ► Arbi Baraïev, qui dirige le Régiment est déchu de son grade de général de brigade. A la mort de Baraïev, en juin 2001, le régiment reconstitué est repris par son neveu Movsar Souleïmanov, qui change son nom en « Baraïev » et qui mourra lors de la prise d’otages du théâtre Doubrovka, à Moscou, le 26 octobre 2002. Il est basé en Tchétchénie, dans le district d’Urus-Martan et dans la vallée du Pankisi, en Géorgie. Ses effectifs sont évalués à 400 militants (2005).

Son objectif est la cessation de « l’occupation russe », l’indépendance de la Tchétchénie et de l’Itchkerie et l’instauration d’un califat d’obédience wahhabite en Tchétchénie et au Nord du Caucase (qui comprendrait les provinces russes du Nord-Caucase, l’Ablchazie et une partie de l’Azerbaïdjan). Durant la seconde guerre de Tchétchénie, l’un de ses plus prestigieux bataillons, dirigé par Movlad Baïsarov rejoint les forces gouvernementales. Il est tout d’abord intégré dès 2000- 2002dans les forces spéciales de Ramzan Kadyrov. En mars 2006, il est restructuré et intégré dans les bataillons « Nord » et « Sud » de lutte anti-terroriste tchétchène.

Emirs du RIUS
Arbi Baraïev, 1996 — 23 juin 2001
Islam Chalaïev, 23 juin 2001 — avril 2002
Yusuphadjiev Murad (alias Amir Abu Sayyaf), avril 2002 — octobre 2002
Movsar Souleïmanov Baraïev, – 26 octobre 2002
Khamzat Tazabaev (alias Abd us-Sabour), octobre 2002 — 2004
Said-Emin Elihanov, mai 2004
Alikhan Mashugov (alias Seyf-Islam), mai 2004 — 23 décembre 2004
Yunadi Turchaev, 2004 — 2005

Le RIUS est à l’origine de nombreuses embuscades meurtrières contre les troupes russes. La brutalité du groupe est légendaire. Commencée sous Arbi Baraïev, elle s’est poursuivie avec son neveu, qui a éliminé ses concurrents au sein du groupe, comme Rivzan Akhmadov.

Le mouvement est étroitement lié au ► Bataillon Islamique de Diversion de Martyrs « Riyad as-Salikhine » (BIDMRS) et à la ► Brigade Internationale Islamique de Maintien de la Paix (BIIMP) et ont tous été ajoutés à la liste américaine des mouvements terroristes le 28 février 2003.(2) Les contacts entre le RIUS et Al-Qaïda ont été établis dans le cadre de cette « troïka » de mouvements qui coopèrent étroitement. Al-Khattab, alors chef de la BIIMP, avait rencontré Oussama Ben Laden en 1987 qui combattait les Soviétiques. Il rencontrera plus tard le Dr ► Aïman al-Zawahiri, idéologue d’ « Al-Qaïda ». Plus tard, entre 1989 et 1994, les deux hommes se rencontrent à nouveau dans le cadre de la formation des militants tchétchènes. Chamil Bassaïev rencontre al-Khattab en 1994 à Khost et dans divers camps d’entraînement en Afghanistan.

Un des groupes du régiment était dirigé par ► Aslan Gasaïev. Il est composé d’extrémistes wahhabites d’Urus-Martan, Argun et Atagi, et compte environ 15 combattants. Il est réputé brutal et opère essentiellement dans les secteurs d’Alkhan-Kala, Kulary et la banlieue de Grozny.

(2)L’Executive Order (décret présidentiel) 13224 du 23 septembre 2001, signé par le Président George W. Bush, a pour objectif le gel des avoirs d’individus et d’organisations politiques ou commerciales soupçonnées d’entretenir des liens avec le terrorisme international, dont Al-Qaïda. La liste des individus et organisations concernées est constamment remise à jour. En fait, le gouvernement russe avait demandé l’inclusion de ce mouvement tchétchène dans la liste américaine depuis plus d’un an, se heurtant à un refus américain, qui pouvait alors condamner la politique russe en Tchétchénie. Ce n’est que lors des discussions au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur une intervention américaine en Irak, que les Etats-Unis ont accepté cette inclusion.