Roquettes

Roquettes

L’usage de roquettes pour commettre des attentats terroristes n’est pas nouveau. Durant la guerre d’Algérie, le 16 janvier 1957 un attentat à la roquette est commis contre le Général Salan, alors Commandant de la 10eme Région Militaire, à Alger. Il s’agit d’une roquette antichar placée dans une gouttière située sur une terrasse voisine et dirigée sur le bureau du général, et mise à feu de manière électrique.

Le procédé reste rudimentaire, mais est encore utilisé de nos jours.  Durant la guerre froide, l’Union Soviétique avait mis au point pour ses forces spéciales, une rampe de lancement de construction très simple, à l’aide de laquelle des roquettes d’artillerie (roquettes de 122 mm du lance-roquettes multiples BM-21). Ces matériels ont été distribués à quelques mouvements de guérilla ou terroristes.

S’inspirant de ce modèle, les palestiniens ont commencé à développer des roquettes pour attaquer les garnisons israéliennes dès 1980. Mais c’est réellement avec la construction du mur de protection autour de la Cisjordanie, que l’usage de roquettes s’est développé en Palestine. En effet, le mur de protection rendait plus aléatoire l’exécution d’attentats, alors que la projection de roquettes permettait d’atteindre  le même résultat en diminuant les risques encourus. Les termes « résultats » et « risques » doivent être ici compris dans un sens « asymétrique » : en effet, contrairement à la lecture occidentale, ce n’est pas le nombre de victimes qui constitue le succès d’un attentat, mais le si9mple fait qu’il ait lieu ; ainsi le risque encouru n’est pas « l’arrestation » ou la « mort », mais le fait que l’attentat n0’ait pas lieu. Ainsi, la multiplication des lancements de roquettes – même si  le nombre de leurs victimes reste très bas – est un succès en soi.

Après la production d’un premier missile « Qassam-1 » d’une portée de 3-4 km, le Hamas a débuté la production d’un missile « Qassam-2 », qui porte une charge explosive d’environ 5 kg à une distance de 8-10 km. Ces roquettes improvisées sont rapidement copiées dans les ateliers d’autres mouvements terroristes et améliorées de manière empirique. Conçu et construit par Sa’ed Abou Awad(1), le missile non guidé ne peut être pointé sur un objectif précis et est utilisé sur des agglomérations, constituant ainsi une arme à vocation strictement terroriste. La production de ces roquettes a connu une évolution rapide, dictée essentiellement par la disponibilité des matériaux et l’adaptation des méthodes de construction. (Note : L’identification et la désignation des roquettes sont confuses : la presse désigne la plupart des missiles sous le nom de « Qassam », tandis que les revendications multiples pour chaque attentat ne permettent pas toujours d’identifier le groupe terroriste impliqué et le type de missile engagé.)

Progressivement se sont imposées les roquettes d’artillerie de fabrication russe, chinoise, nord-coréenne, ou iranienne (Grad, WS-1E, etc.) d’un calibre 122 mm, plus fiables, mais plus compliquées à importer et à mettre en œuvre en raison de leurs dimensions.

En janvier 2003, est apparu un missile antichar de fabrication palestinienne « al­Battar », utilisé par les brigades Izz al-Din al-Qassam du Hamas. Mais ses caractéristiques et ses performances ne sont pas connues.

En janvier 2006, les ► Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa ont commencé à engager un nouveau missile, désigné « 207 », d’une portée de 27 km, supposé être dérivé de la roquette russe Grad.

Selon Wikipedia (http://en.wikipedia.org/wiki/Palestinian_rocket_attacks_on_Israel), le nombre de roquettes et projectiles de mortier tirés de 2001 à 2014 serait de 15’047, causant au total 28 morts et quelque 1971 blessés israéliens (parmi les blessés sont également comptés les personnes « choquées » par les attentats, mais sans dommages physiques). Souvent attribuées au Hamas uniquement par les autorités israéliennes, les roquettes sont engagées par presque tous les groupes radicaux dans la bande de Gaza.

Roquettes palestiniennes avec quantité d'explosifs et portée
Roquettes palestiniennes avec quantité d’explosifs et portée