Royaume-Uni

Dès la fin des années 60, le terrorisme en Grande-Bretagne a été essentiellement le fait de mouvements séparatistes ou autonomistes, dont le plus meurtrier est le terrorisme en Irlande du Nord (Ulster).

Tandis que le terrorisme irlandais est sur le déclin, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont mis en évidence l’existence de réseaux islamistes d’appui au terrorisme dans de nombreux pays d’Europe, notamment en Grande-Bretagne. Les attentats du 7 juillet 2005 ont démontré l’existence de cellules terroristes actives sur le territoire britannique.

a) Terrorisme irlandais
Irish National Liberation Army (INLA)
Irish Republican Army (IRA)
Loyalist Association of Workers (LAW)
Red Hand Commandos
Red Hand Defenders (RHD)
Ulster Defence Association (UDA)
Ulster Defence Regiment (UDR)
Ulster Freedom Fighter (UFF)
Ulster Volunteer Forces (UVF)

Le terrorisme républicain (catholique), principalement représenté par l’IRA, s’oppose au terrorisme loyaliste (protestant). Le camp loyaliste reste très fragmenté malgré quelques tentatives de fédération et de coordination, comme l’Ulster Army Council (UAC), établi en 1973 et le Combined Loyalist Military Command (CLMC) en 1991.

Les mouvements extrémistes d’Irlande du Nord sont généralement associés aux partis politiques officiels dont ils constituent souvent le bras armé :

Grande-Bretagne_Branches armees des partis politiques irlandais

Grande-Bretagne_Victimes du terrorisme nord-irlandais (1968-1998)

Le CLMC était une initiative regroupant l’ ► Ulster Defence Association (UDA), la ► Loyalist Volunteer Force (LVF) et les ► Red Hand Commandos (RHC) et comprenant des officiers de liaison de ces organisation, ainsi que du Progessive Unionist Party (PUP) et du Loyalist Democratic Party (LDP) avec pour objectifs d’harmoniser leurs actions avec un objectif commun. Après diverses propositions de cessez-le-feu en 1991, le CLMC parvient à faire accepter un cessez-le-feu au sein du camp loyaliste dès octobre 1994 et entre ainsi dans le processus de paix. Toutefois, les rivalités entre mouvements loyalistes affectent le CLMC qui perd progressivement la maîtrise des groupes loyalistes. Il parvient à faire signer l’accord du 10 avril 1998 (« Good Friday Agreement »), mais disparaît de facto de la scène en raison des affrontements entre l’UDA et l’UVF.

Grande-Bretagne_Cessez-le-feu annonces (1998)

Groupes terroristes irlandais interdits en Grande-Bretagne (2007)

  • Continuity Army Council
  • Cumann na mBan
  • Fianna na hEireann
  • Irish National Liberation Army (INLA)
  • Irish People’s Liberation Organisation (IPLO)
  • Irish Republican Army (IRA)
  • Loyalist Volunteer Force (LVF)
  • Orange Volunteers
  • Red Hand Commando (RHC)
  • Red Hand Defenders (RHD)
  • Saor Eire
  • Ulster Defence Association (UDA)
  • Ulster Freedom Fighters (UFF)
  • Ulster Volunteer Force (UVF)

b) Autres mouvements violents non-islamistes en Grande-Bretagne
Angry Brigade
British Movement
Cadwyr Cymru (CC)
Welsh Army for the Workers Republic (WAWR)
Combat 18 (C18)
First of May Group
► Free Wales Army (FWA) (Byddin Rhyddin Cymru (BRC))

Welsh Defence Movement (Mudiad Amddien Cymru (MAC))
International Marxist Group (IMG)
Red Flag 74
Scottish National Liberation Army (SNLA)
Tartan Army
White Wolves
Workers ‘ Revolutionary Party (WRP)

Grande-Bretagne_Victimes du terrorisme irlandais 1969-98

1972 est l’année la plus meurtrière du terrorisme en Irlande du Nord. L’effort est alors porté sur le découplage de la population et de l’armée britannique, jusqu’alors perçue par les deux camps comme une amorce de solution. Une deuxième poussée de violence en 1976 coïncide avec les efjbrts de paix consacrés par l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Mmes Mairead Corrigan et Betty Williams.

c) Mouvements islamistes

Avec une forte communauté islamique immigrée, une culture libérale et l’absence de cartes d’identité, la Grande-Bretagne est devenue l’un des centres de l’extrémisme et du terrorisme islamiste en Europe. Le soutien aux mouvements djihadistes s’étend au monde non-anglophone. Ainsi, l’organe du ► Groupe Islamique Armé (GIA) algérien, Al-Ansar, est publié à Londres.

La législation britannique rendait illégales 14 organisations terroristes ­principalement associées au terrorisme nord-irlandais. Avec le Terrorism Act 2000, 46 mouvements terroristes — principalement d’inspiration islamiste — sont proscrits en Grande-Bretagne (2007). Avec l’adoption du Terrorism Act 2006 — qui prend en compte les préparatifs et l’intention de commettre des attentats terroristes — deux organisations favorables au terrorisme sont interdites.

Avec le soutien quasi-aveugle apporté par la Grande-Bretagne aux Etats-Unis dans le conflit irakien, sa vulnérabilité au terrorisme s’est accentuée. Malgré les dénégations du gouvernement, les attentats de Londres en juillet 2005 en sont une conséquence directe.

Les principaux mouvements islamistes basés ou opérant en Grande-Bretagne sont :
Al-Mouhajiroun (Les Emigrés)
Islamic Council of Britain (Conseil Islamique de Grande-Bretagne)
Ansar al-Sharia (Partisans de la Charia)
Al-Marsed al-Islami
 (Observatoire Islamique)
Al-Jamaa al-Islamiya al-Mouqatila al-Maghribiya (Groupe Islamique Combattant Marocain)
Ansar al-Feth (Partisans de la Victoire)

La participation britannique aux conflits d’Irak et d’Afghanistan a très largement contribué au développement du terrorisme islamiste dans ce pays. Les tentatives d’attentats de 2007 à Glasgow et à Londres étaient explicitement liées à l’action britannique en Afghanistan, et apparemment plus directement provoquées par les bombardements de civils commis au Pakistan par les forces occidentales.