Sénégal

Le principal mouvement rebelle au Sénégal est le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), au Sud du pays, fondé en 1947, tombé en désuétude puis réactivé en décembre 1982 par l’abbé ► Augustin Diamacoune Senghor. En 1984, ► Sidy Badji crée l’aile militaire du mouvement, qui s’engage dans une guerre de guérilla et « entend ainsi pratiquer la résistance sous toutes ses formes, jusqu’à l’Indépendance Nationale, totale et définitive de la Casamance ». En août 2001, Diamacoune est évincé et reçoit le titre de président d’honneur du mouvement tandis que Jean-Marie Biagui lui succède à son poste de secrétaire-général. Sidy Badji, réconcilié avec le mouvement, est nommé secrétaire chargé des affaires militaires.

Le MFDC se compose d’une aile politique « chargée de mener le combat politique et toutes négociations en vue de recouvrer la souveraineté nationale de la Casamance »(1) et d’une aile militaire appelée « Atika » (Flèche) articulée en deux fronts, qui représentent également des tendances différentes :

  • le Front Nord (qui couvre la Nord Casamance, au nord du fleuve Casamance), il est initialement dirigé par Kamougué Diatta et contrôle le secteur de Bignona. Il est fidèle à Sidy Badji et est réputé plus conciliant.
  • le Front Sud (Basse Casamance), qui se subdivise en deux tendances : une tendance dirigée par Léopold Sagna, favorable à Diamacoune et active au sud-ouest de la Casamance ; l’autre tendance, plus radicale, dirigée par Salif Sadio et active au sud et au sud-est de la Casamance.

Le 30 décembre 2004, Diamacoune signe un accord de paix avec le gouvernement, qui crée des tensions qui se transforment en lutte interne au mouvement dès l’hospitalisation du chef du mouvement. En septembre 2006, Salif Sadio, ancien cadre du MFDC, fait sécession après s’être proclamé chef de l’Atika et chef suprême du MFDC en 2005. Il crée un nouveau mouvement, le Mouvement pour la Libération du Peuple Casamançais (MLPC)(2) , basé au Nord de la Casamance, près de la frontière gambienne.

Les diverses tendances et factions du MFDC se regroupent alors en Nord Casamance pour ramener Salif Sadio dans le processus de paix. Ainsi, plusieurs factions se structurent :

  • Faction Salif Sadio, chef de l’Atika du mouvement et opposé au courant officiel du mouvement, avec un quartier-général situé à proximité de la frontière gambienne;
  • Faction d’ ► Alexandre Djiba, apparue en septembre 2006, qui reprend une partie d’Atika et rejoint Salif Sadio ;
  • Faction ► Ismaïla Magne Diémé (ou Faction de Campala), le chef du Front Nord, basée à Diakaye et Mahmouda (2006-2007), loyal à Diamacoune.
  • Faction de César Attoute Badiatte, commandant du camp Kassolol et chef du front sud du MFDC, loyal à Diamacoune, avec un quartier-général situé àa Kalossol, près de la frontière bissau-guinéenne.

Au début mai 2007, Sadio est tué lors des combats avec les troupes loyales du MFDC. Le MLPC est dirigé depuis par Aliou Kandé.
(1)http://casamance.ifrance.com/mfdc.htm
(2)On trouve également l’appellation de Mouvement pour l’Indépendance et la Libération de la Casamance (MILIC).