Somalie

Somalie

La Somalie est un pays essentiellement organisé autour de clans issus d’un très petit nombre de familles appartenant à la même ethnie. Les alliances se font et défont en fonction de critères de politique opportuniste plus qu’idéologique. Depuis l’effondrement du gouvernement de Siad Barr La Somalie compte plusieurs mouvements fondamentalistes radicaux, associés à « ► Al-Qaïda », partiellement en lutte les uns contre les autres, mais liés entre eux de manière très « souple » par un partenariat qui forme un front, la Ligue Islamique Somalienne Suprême (LISS). Les principaux groupes du LISS sont :

Ils fonctionnent de manière indépendante, mais semblent partager des réseaux de financement communs, qui bénéficie à la fois de la collecte commune de la zakat (voir ► financement des mouvements terroristes) et des réseaux de placements financiers (activités boursières). Le soutien à ces groupes semble provenir de pays comme la Turquie, le Pakistan et l’Afghanistan (information non-confirmée). D’une manière plus générale, les groupes armés somaliens sont caractérisés par des alliances opportunistes qui se font et se défont au gré des conditions militaires et politiques — et claniques. Les principaux regroupements ou alliances sont fréquemment influencés et soutenus par des pays extérieurs à la Somalie. Les factions pro-gouvernementales Le Gouvernement Fédéral de Transition (GFT), dominé par le clan Darod et situé à Mogadiscio, et le Parlement Fédéral de Transition (PFT), installé à Baidoa, avec les factions qui leurs sont associées constituent l’essentiel des forces pro gouvernementales, auxquelles s’ajoutent les forces éthiopiennes, soutenues par les Etats-Unis.

  • Alliance for the Restoration of Peace and Counter-Terrorism (ARPCT) (Isbaheysiga Ladagaalanka Argagaxisadda) créée en février 2006 sous le parrainage des Etats-Unis afin de lutter contre les factions islamistes dans la région de Mogadiscio. Elle mènera des affrontements très durs avec les forces islamistes, qu’elle ne parviendra pas à soumettre. Elle rassemble un certain nombre de seigneurs de la guerre de la région de Mogadiscio : – Botan Ise Alin (Bootaan Ciise Caalin), qui opère à Mogadiscio – Mohamed Omar Habeb (alias Mohammed Dheere) (Maxamed Cumar Xabeeb (alias Maxamed Dheere)), issu de Jowhar, mais influent à Mogadiscio – Mohamed Afrah Qanyare (Maxamed Afrax Qanyare), qui opère dans la banlieu sud de Mogadiscio ; – Musa Sudi Yalahow (Muuse Suudi Yalaxoow); – Nuur Daqle; – Abdi Hasan Awale (alias Abdi Qeybdiid), Cabdi Xasan Cawaale (alias Qeybdiid), du clan des Habar Gedir ; – Omar Muhamoud Finnish (Cumar Maxamuud Finish).

Les forces islamiques

 

Groupes Islamistes en Somalie
Groupes Islamistes en Somalie
  • Union des Tribunaux Islamiques (UTI) (en somali: Midowga Maxkamadaha Islaamig, en arabe: Ittihad al-Ma ‘akim al-Islamiyya) Groupe de tribunaux islamiques regroupés pour former, jusqu’en 2006, un gouvernement alternatif au Gouvernement Fédéral de Transition (GFT). Après avoir occupé la majeure partie du territoire somalien, les UTI ont été progressivement refoulés par les troupes éthiopiennes intervenues sous la pression occidentales. Le 27 décembre 2006, les UTI capitulent et ses chefs (Sheikhs Hassan Dahir Aweys, Sharif Sheikh Ahmed and Abdirahaman Janaqow) reconnaissent l’autorité du gouvernement provisoire somalien. Le 24 juin 2006, l’UTI prend le nom de Conseil Suprême des Tribunaux Islamiques.
  • Conseil Suprême des Tribunaux Islamique (CSTIs) (Ittihàd al-mahdkim al-islàmiyya) (en somali .. Golaha Maxaakiimta islaamiga Soomaaliyeed — GMIS ou GMISOM) dont le Conseil Exécutif est dirigé par Sheikh Sharif Ahmed(1) et le Conseil Législatif par Hassan Dahir Aweys(2). Le GMIS est également soutenu par l’Erythrée (essentiellement afin de contrer l’influence  éthiopienne en Somalie).
  • Alliance pour la Relibération de la Somalie, dirigée par Sheikh Sharif Ahmed, ancien chef du CSTI(3) créée, le 14 septembre 2007, après l’intervention éthiopienne en Somalie, qui a renforcé l’influence des mouvements islamistes. Elle s’appuie sur les forces islamiques intérieures et extérieures à la Somalie et qui constitue une sorte de front politique pour l’opposition islamique somalienne.
  • Shahab al-Moudjahiddin (ou Al-Shahab) qui est soupçonnée entretenir des contacts avec le réseau «  Al-Qaïda ». Le 19 mars 2008, elle a été portée sur la liste du Département d’État américain des organisations terroristes. Son influence et son efficacité sont grandes. En octobre 2008, la Shahab s’empare de la ville de Kismayo.
  • Front Islamique en Somalie (Jabhadda Islaamiga Soomaaliyeed) (JABISO), créé le 12 décembre 2007 à Mogadiscio, afin de s’opposer à l’invasion du territoire somalien par les forces éthiopiennes, soutenues par les Etats-Unis. Le JABISO est soutenu par le Conseil Suprême des Tribunaux Islamiques (GMIS) (cf infra). A la fin 2008, le JABISO est actif notamment dans les secteurs des villes de Lego et de Baidoa.
  • Guérilla Islamiste Somalienne (GIS), petit groupe islamiste radical, qui opérerait en Ethiopie. Son existence n’est pas démontrée, mais elle a revendiqué un attentat à la bombe dans la région de Liban (Ethiopie), le 27 mai 2008.
  • Kataeb Tawhid wa ‘l Jihad (Phalanges de l’Unicité et du Djihad)
  • Harakat al-Mouqawamah al-Shabiyah Bilad al-Hijrateyn (Mouvement de la Résistance Populaire dans le Pays des Deux Migrations), dirigé par Sheikh Abd el-Kader.

Autres alliances

  • Somalia Reconciliation and Restoration Council (SRRC) issue de la Somali National Alliance (SNA), coalition affiliée au clan Habbar Gidir et créée en 1992 par le général Hussein Mohammed Farrah Aïdid. Elle est constituée de l’United Somali Congress (USC), d’une faction du SDM, de la faction Ogadeni du SPM, du SSNM (qui s’en retire en 1993), et d’une faction de la tribu Jedo conduite par le colonel Isak Bihi. Elle opère dans la région de Mogadiscio. En 2004, elle devient le SRRC. Le SRRC est issu de la faction de Jowar du GFT, et comprend : – Rahawein Resistance Army (RRA/SRRC), dirigée par Hassan Mohamed Nur « Shatigadud »; – Somali Patriotic Movement (SPM), Faction Ogadeni (ou SPM/SRRC), dirigée par Aden Abdullahi Nour (alias Gabiyo)», chef historique du SPM et membre de la Somali Salvation Alliance (SSA), et dont les forces militaires sont conduites par le général Mohammed Siad Hersi (alias Morgan). En août 1992, cette faction s’associe au général Hussein Mohammed Farrah Aïdid pour former la Somali National Alliance (SNA), ce qui déclenche des luttes fratricides entre les deux factions du SPM. – L’administration du Puntland;
  • Somali National Salvation Council (SNSC), basé à Mogadiscio, qui comprend : - Juba Valley Alliance (JVA) (Isbahaysiga Dooxada Jubba), dirigée par le colonel Barre Adan Shire Hiirale (qui devient ministre de la défense du Gouvernement Fédéral de Transition en 2008) et basée à Kismayo. Elle est en lutte contre le SPM – Faction Harti du général Mohammed Siad Hersi (alias Morgan), et, entre 2002 et 2006, contre le Somalia Reconciliation and Restoration Council (SRRC). Le commandant de sa milice est le colonel Abdulahi Sheik Ismael Fara-Tag, tandis que son chef de la sécurité est Ahmed Mohamed Gannow. Depuis 2001, elle est associée au Gouvernement de Transition Nationale, puis, dès décembre 2006 au Gouvernement Fédéral de Transition (GFT). Avec l’aide des forces éthiopiennes et du GFT, elle reprend le contrôle de la vallée de Juba en 2006. –  Rahanwein Resistance Army (RRA/SNSC) dirigée par Mohamed Ibrahim Habsade. – United Somali Congress-Somali Salvation Alliance (USC-SSA), également appelé Faction Muse Sudi Yalahow, apparu au milieu des années 90, qui opère dans la zone de Mogadiscio.

Groupes indépendants ou dont l’affiliation est mouvante

  • Faction Osman Atto, apparue en 1994, elle est « pro-gouvernementale » depuis janvier 2000 et opère dans la zone de Mogadiscio. Ses effectifs sont estimés à moins de 4 000 combattants.
  • Groupes armés autonomes du Jubbaland, à vocation identitaire et autonomiste, qui opèrent le long de la frontière avec le Kenya.
  • Groupes armés autonomes du Puntland, apparus en 1998 et opérant au nord-est de la Somalie, qui sont essentiellement à vocation indépendantiste et identitaire ;
  • Somali Patriotic Movement (SPM), créé en 1989 par Omar Jess et issu du clan Ogaden, Faction Harti conduite par Gedi Ugas Madhar et Ahmed Omar Jess, alliée avec l’ United Somali Congress (USC) et membre de la Somali National Alliance (SNA) ;

Principales milices tribales

  • Milices du clan Dir – Milices du sous-clan Jiddo – Milices du sous-clan Muxummed – Milices du sous-clan Biyamal
  • Milices du clan Digil-Mirifle – Milices du sous-clan Dabar – Milices du sous-clan Luway
  • Milices du clan Hawiye, – Milices du sous-clan Habat-Gidir – Milices du sous-clan Habat-Gidir-Ayr – Milices du sous-clan Abgal – Milices du sous-clan Murusade – Milices du sous-clan Duduble – Milices du sous-clan Garre – Milice du sous-clan Galje’el,
  • Milices du clan Darod – Milices du sous-clan Majerteen – Milices du sous-clan Dulbahante – Milices du sous-clan Marehan.

 

Somalie - actes de piraterie
Somalie – actes de piraterie dans le monde et réaction internationale

Piraterie maritime Outre les luttes entre clans et les activités terroristes à caractère politique, la Somalie est également le théâtre d’une forte activité de piraterie maritime, dont l’exemple le plus médiatique a été la capture — puis la libération — du navire français Le Ponant, le 4 avril 2008, dans le Golfe d’Aden.

 

Principales bases des pirates somaliens (2010)
Principales bases des pirates somaliens (2010)

Depuis la fin des années 90, quatre principaux groupes de pirates opèrent à partir des côtes somaliennes dans les mers au large de la corne de l’Afrique. Leurs actions comprennent essentiellement des enlèvements de personnes et de navires contre rançon :

  • Les Défenseurs des Eaux Territoriales Somaliennes (également connus sous le nom de Marines Somaliens) qui opèrent à partir des ports d’Eyl et de Haradheere au Puntland. Ils seraient responsables de quelque 80% des actes de piraterie dans la région. Ils auraient une structure quasi militaire et seraient dirigés par un « amiral » et un « vice-amiral ». C’est sans doute le groupe le plus puissant, c’est lui qui — entre autres — s’est emparé du yacht français, le Ponant (avril 2008).
  • Les Gardes Côtes Volontaires Nationaux, qui opèrent aux confins des eaux territoriales kenyanes, à partir du port de Kismayu (Kismayyo). Ils seraient commandés par un certain Garaad Mohamed (2008).
  • Le Groupe de Marka, basé dans le port de Marka au Sud de Mogadiscio. Il apparaît relativement mal organisé.
  • Le Groupe du Puntland, basé dans le port de Bossaso, à la frontière entre le Somaliland et le Puntland, qui opère essentiellement dans le Golfe d’Aden.
Somalie - rayon d'action des pirates somaliens (2005-2010)
Somalie – rayon d’action des pirates somaliens (2005-2010)

 

(1)Sudan Tribune, 02.10.2006 (2)Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, Country Factsheet — Somalia, novembre 2007. (3)Sudan Tribune, 15.09.2007

External links :