Sudan People’s Liberation Movement/Army (SPLM/A)

Sudan People's Liberation Movement, Army (SPLM, A)(Soudan) Mouvement de libération créé en 1983 par ► John Garang de Mabior, ex-colonel de l’armée soudanaise, qui le dirigera jusqu’à sa mort le 31 juillet 2005. La conduite de la SPLA est alors confiée à son chef d’état-major Salva Kiir Mayardit (qui sera nommé également Président du Gouvernement du Sud-Soudan — GoSS), tandis que son adjoint est le Commandant Dr. Riek Machar (vice-président du GoSS).

Initialement, son objectif la mise en place d’un gouvernement socialiste sur l’ensemble du Soudan et vise l’abrogation de la Charia au Soudan.

Historique

Six ans après la signature d’un premier accord de paix entre l’Anya-Nya et le gouvernement soudanais en 1972, un groupe de dissidents de l’Anya-Nya II prend les armes dans la région du Nil Supérieur. En 1983, la rébellion est renforcée par une garnison de l’armée soudanaise dirigée par ► John Garang qui devient le SPLM/A. Les deux composantes de la rébellion sont alors très diverses :

  • Le SPLM/A, composée essentiellement de membres de la tribu Dinka et soutenue par l’Ethiopie ;
  • L’Anya-Nya II, composée de membres de la tribu Nuer et qui finira par être soutenue par le gouvernement soudanais. Une partie de l’Anya-Nya II rejoint le SPLM/A.

En août 1991, en partie pour des raisons de personnes et des raisons de politique, le SPLM/A se scinde en deux factions, causant des affrontements sanglants et provoquant le déplacement de près de 300 000 personnes :

  • SPLA-Mainstream (Torit Group), dirigé par le Dr. John Garang (de la tribu Dinka), favorable à un nouveau Soudan unifié ;
  • SPLA-United (Nasir Group), dirigé par le Dr. Riek Machar (de la tribu Nuer) et le Dr Lam Akol (de la tribu Shilluk), favorable à une autodétermination du sud du pays (voir ► South Sudan Defence Force (SSDF)).

Elle est active dans les trois provinces du Sud du Soudan. Dès 1986, elle a commencé à recruter des combattants dans les monts Nuba, au Nord des provinces méridionales, avec des « Djebel Task Forces ». En 1987, elle prend pied dans les monts Nuba avec son « Bataillon Volcan ». Grâce à ses succès, la SPLA a pu consolider sa présence dans les monts Nuba. Les raids brutaux des ► Al-Mourahalin dans la région du Kordofan ont poussé les populations locales à rejoindre les rangs de la SPLA.

Certaines des ethnies qui la composent — en particulier les Dinka — se sont fait remarquer par leur manière de faire une guerre de pillages en s’appropriant notamment les troupeaux. La SPLM/A a ainsi gagné une image de corruption, et perdu de nombreux combattants qui ont grossi les rangs de milices locales d’autodéfense, qui ont été exploitées par le gouvernement.

En 1992, le gouvernement soudanais déclare le Djihad contre les populations Nuba et déclenche une grande offensive.

Le 21 février 1995, John Garang annonce la création de la New Sudan Brigade (NSB) et un commandement militaire unifié au sein de la National Democratic Alliance (NDA), qui comprend les représentants militaires de sept factions de la NDA. Le chef du commandement unifié est John Garang est son adjoint est le Général Abderahman Saïd. La NSB compte environ 6 000 combattants, qui sont stationnés en Erythrée et au Soudan dans la région du Gedaref et de Port Soudan. La décision est plus stratégique qu’opérationnelle : le SPLM/A peut ainsi ouvrir un second front dans l’Est du pays et être associé à d’autres groupes (y compris islamiques) de l’opposition au régime de Khartoum. La NSB a mené quelques opérations conjointes avec des unités de commandos islamiques de l’Umma Liberation Army (ULA) et de la NDA United  Brigade, mais dans l’ensemble, elle ne jouera qu’un rôle opérationnel mineur. Dirigée par John Luk Joak, elle quittera définitivement la région d’Hameshkoreib en juillet 2006 aux termes des accords de paix.(1)

La SPLA bénéficie du soutien de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, l’Ethiopie, Israël, le Kenya, la Namibie et le Zimbabwe.

Avec le Comprehensive Peace Agreement (CPA)(2), signé le 9 janvier 2005, la SPLA devient le noyau des forces armées du Sud Soudan. Cette situation a plusieurs conséquences :

  • Une partie des unités de la SPLA sont fusionnées avec des unités des forces armées soudanaises pour former les Joint Integrated Units (JIU), unités intégrées qui doivent constituer l’ossature de la future armée intégrée soudanaise. La première unité de ce type à être formée a été la Khartoum Independent Brigade, formée dès septembre 2005 dans la capitale.
  • La SPLA doit absorber les « Autres Groupes Armés »(3) opérant au Sud Soudan. Cette opération n’est pas triviale et suppose que ces groupes armés s’identifient avec les objectifs de la SPLA, ce qui est loin d’être le cas.
  • La SPLA doit modifier ses structures et sa doctrine afin de se transformer d’une armée révolutionnaire en une force armée nationale. La proposition de la South Sudan Defense Force (SSDF), de changer la dénomination de la SPLA pour celle de « South Sudan Armed Forces (SSAF) » s’est heurtée à la farouche opposition de John Garang.

Ces deux défis n’ont été que partiellement trouvé solution. Si effectivement Paulino Matiep et une partie importante des SSDF ont rejoint le SPLM/A au début 2006, certains groupes restent encore farouchement opposés à une intégration, tandis qu’un certain nombre de commandants opérationnel de la SPLA tendent à prendre leurs aises face à la conduite de la SPLA et — notamment en raison de l’irrégularité du versement des salaires — se sont lancés dans des activités illégales (perception de taxes locales ou contrebande de produits).

Site Internet : www.splmtoday.com

(1)Un premier détachement d’environ 1 000 combattants de la NSB est déplacé sur Khartoum le 4 septembre 2005 afin de former la Khartoum Independent Brigade, une unité mixte entre forces du gouvernement et SPLA, prévue par les accords de paix. (UN News, 07.09.2005)
(2)Littéralement : Accord de Paix Global
(3)Neue archer Zeitung, 01.12.1978