Svoboda

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(Ukraine) (Liberté) Parti nationaliste ukrainien créé en 1991 sous le nom de Parti Social-National d’Ukraine (PSNU) et conçu comme une fédération de divers groupes et associations patriotiques d’étudiants et de vétérans d’Afghanistan. (A l’origine, le parti n’accepte pas les athées et ex-membres du parti communiste). Il est d’obédience pan-ukrainienne et est inspiré par les œuvres du nationaliste ukrainien Yaroslav Stetska.

Outre son appellation – qui évoque le « national-socialisme » – le parti acquiert rapidement une réputation associée à l’antisémitisme et au fascisme. Il revendique l’héritage de Stepan Bandera, collaborateur avec l’Allemagne nazie durant la guerre, assassiné le 15 octobre 1959 par Bogdan Stashinsky, un tueur du KGB. Durant la seconde moitié des années 90, le parti incorpore des membres de groupuscules skinheads et similaires qui nuit à sa réputation.

En 1993, le parti organise des « Détachements Nationaux de Sécurité » qui paradent en uniforme noir ou camouflé.

Au plan politique, le parti se présente aux élections parlementaires régionales  et obtient 10% des voix à Lviv en 1994. En 1998, l’élection de son chef Oleh Tyahnybok au Parlement ukrainien a conduit à une attitude relativement plus modérée du parti.

En 1999, le PSNU active une composante paramilitaire appelée « Patriotes d’Ukraine », qui sera officiellement démantelée en 2004, mais subsistera au sein du « Secteur Droite », qui regroupe la droite ukrainienne extrême.

Le logo de Svoboda utilise le « Wolfsangel » (hameçon) largement utilisé par la symbolique nazie et utilisé entre autres par la 2e Division Panzer-Grenadier « Das Reich » qui a libéré Kharkov (Ukraine) des Soviétiques en 1943 (et qui s’illustrera tristement l’année suivante par le massacre d’Oradour-sur-Glane). Le même logo est repris par les « Patriotes d’Ukraine ».

Le groupe Svoboda milite en faveur de la reconnaissance des ex-combattants de la 14e Waffen SS Grenadier Division « Galicie » comme héros nationaux, qui était essentiellement composée de combattant volontaires ukrainiens. Il faut rappeler ici qu’outre son appui au IIIe Reich durant la guerre, l’Ukraine a été le théâtre d’une farouche résistance anti-communiste dans les années d’après-guerre jusqu’au début des années 60, avec le soutien des services secrets occidentaux. Outre des rapports réguliers avec les membres du parti néo-nazi allemand (NPD), Svoboda reçoit un soutien des autorités allemandes, y compris de l’organisation d’aide au développement (GIZ).(1) Ce sont ces facteurs qui ont provoqué l’usage du qualificatif « fasciste » par la communauté pro-russe pour désigner les insurgés de la place Maidan, à Kiev en novembre 2013-février 2014.

Par une ironie des relations triangulaires, l’Union Européenne en se lançant dans une posture de confrontation avec la Russie a non seulement relayé le discours officiel des nouvelles autorités ukrainiennes, mais a également été menée à soutenir des mouvements comme SVOBODA (http://www.euractiv.com/sections/global-europe/eus-acceptance-ukraines-radical-svoboda-party-shameful-301110) . Tout aussi ironiquement, dans une dynamique semblable, l’intellectuel français Bernard Henri-Lévy s’est ainsi fait le défenseur des ces mouvements néo-nazis.

Voir aussi ► Ukraine

External links :

(1)Der Spiegel, n° 12/2014, 17 mars 2014