Tactique de combat

Les tactiques du terrorisme sont généralement très simples, peu innovatrices et faciles à appliquer. Outre l’usage des bombes (décrit dans l’article ► engins explosifs), pratiqué potentiellement par tous les types de ► terrorisme, les actions de combat proprement dites sont essentiellement pratiquées dans le cadre d’un terrorisme de guérilla.

D’une manière générale, et presque par définition, l’action terroriste évite l’action frontale «à terrain découvert ». Il s’agit de compenser des effectifs et moyens techniques modestes par l’effet de surprise et la soudaineté de l’action.

Les deux formes « traditionnelles » de l’attaque par surprise sont le coup de main et l’embuscade. L’expérience de ces dernières années en Irak et en Afghanistan montre que le coup de main, qui est l’attaque préparée contre un adversaire statique est assez peu pratiqué en dehors de l’attaque-suicide. Néanmoins, les exemples existent, comme l’attaque du 13 juin 2008 de la prison de Kandahar par les Taliban, qui a permis de libérer quelque 1 000 prisonniers de droit commun et environ 380 Taliban. Un autre exemple a été la tentative d’assassinat du président afghan Hamid Karzai, lors d’une parade militaire à Kaboul, le 27 avril 2008.

Les raids au moyen de roquettes d’artillerie (dites « Katioucha ») sont devenus une spécialité de certains groupes de résistance irakiens. Ainsi le Conseil du Commandement des Moudjahiddin a piloté plusieurs séries d’attaques à la roquette contre des centres de conduite des forces américaines à Bagdad.

  • Le 21 novembre 2003, à 7 heures du matin, l’attaque coordonnée de quatre lanceurs de roquettes multiples montés sur des charrettes tirées par des ânes était dirigée contre les hôtels Sheraton « Ishtar » et Méridien « Palestine », contre le palais présidentiel et contre le poste de commandement des forces italiennes (situé dans l’ambassade d’Italie). A part ce dernier objectif qui n’a pas pu être atteint en raison d’un accident de la route, l’attaque a été un succès. Les charrettes ont été acquises sur un marché de Bagdad et les lanceurs multiples (chacun fait de trois rangées de sept tubes) ont été fabriqués par les moudjahiddin eux-mêmes et camouflés dans un réservoir de pétrole. Il est à noter que l’heure de l’attaque a été choisie pour éviter que des populations civiles soient touchées et que, par ailleurs, des avertissements avaient été adressés au préalable aux populations.
  • Le 25 décembre 2003, à 6 heures du matin, une attaque contre des centres de commandement américains a été exécutée avec trois véhicules pourvus de lanceurs multiples à 5 tubes.
  • Le 8 février 2004, à 7 heures 30 du soir, une attaque contre l’aéroport international de Bagdad avec 750 roquettes d’artillerie, tirées de plusieurs endroits différents.
  • Le 22 février 2004, à 19 heures 30, une attaque de plusieurs dizaines de roquettes a visé les troupes en cours de rotation sur l’aéroport de Bagdad.

Plus fréquente, parce que moins risquée et plus efficace, est l’embuscade qui consiste à attaquer un adversaire en mouvement à partir de positions statiques. Les exemples les plus fréquents sont les embuscades avec des engins explosifs

En Irak, dès juillet 2004, a été adoptée une tactique appelée Khittat as-Saiqah wa’dh-Dhuhul (Plan de Foudre et d’Affolement) qui combine l’embuscade et l’action offensive dans une forme de combat qui ne dure qu’une dizaine de minutes avant la dispersion des attaquants. Cette tactique est très difficile à contrer et laisse très peu de temps pour réagir efficacement contre les attaquants.