Tanzim (al-) (Palestine)

Autres appellations et orthographes :
Fatah-Tanzim
Tanzeem

(Palestine) (L’Organisation) Bras armé du ► Fatah palestinien, créé en 1983 et dirigé par ► Marwan Ben Hatib Barghouti. Il a été la cheville ouvrière de la deuxième Intifada (Intifada Al-Aqsa). Au début de l’insurrection, le Tanzim se place à la tête d’un organe de coordination qui prend le nom de « Forces Nationalistes et Islamiques » et qui rassemble le Fatah, le FPLP, le ► Hamas et le ► Djihad Islamique. En octobre 2000, alors que les négociations de Sharm el­Sheikh prévoyaient un cessez-le-feu, un groupe du Tanzim attaque une colonie juive à Naplouse, et ouvre le feu sur les unités de la police palestinienne venues pour s’interposer (19 octobre 2000).

L’attitude du Tanzim dans le processus de paix est l’expression de l’antagonisme entre son chef, Marwan Barghouti et Yasser Arafat. Cette opposition reflète la contestation des membres de la résistance palestinienne restés dans les territoires occupés et supportant l’essentiel du fardeau de la lutte, alors que le commandement de l’OLP/Fatah se trouvaient « en sécurité » à Tunis.

Le Tanzim exige un retrait complet des Israéliens des territoires occupés selon les frontières de 1967, comme condition sine qua non, la dissolution des colonies juives, la restitution de Jérusalem-Est et la reconnaissance du droit au retour. Selon Marwan Barghouti, les Palestiniens ne sauraient accepter moins que ce que l’Egypte et la Jordanie ont reçu et que ce que le Liban et la Syrie vont recevoir.

La stratégie du Tanzim est d’utiliser la violence pour contraindre Israël. Mais, la légitimité de l’action du Tanzim est d’autant plus grande que les concessions effectuées par Yasser Arafat sont faibles. Ainsi, l’opposition entre le Tanzim et Yasser Arafat sur les concessions éventuelles à faire lors de négociations est essentiellement liée au fait qu’un accord obtenu par Yasser Arafat ôterait toute légitimité à la violence prônée par Barghouti.

Structure

Le Tanzim est dirigé par Marwan Barghouti, assisté de deux suppléants : Nasser Awais (également cadre des ► Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa et Nasser Abu Hamid

Hussein Al-Sheikh, également résidant à Ramallah, est le rival politique de Barghouti. Il est soutenu par Hachem Balawy, soutenu par Arafat pour affaiblir le pouvoir de Barghouti.

Dans la Bande de Gaza, le Tanzim est dirigé par ► Ahmad Chiles, récemment nommé secrétaire du Fatah à Gaza.

Certains commandants du Tanzim, comme ► Atef Abayat, à Bethléem, ou Raed Mahmoud Raef Karmi, à Tulkarem, semblent également être affiliés aux Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, alimentant ainsi le doute sur les réels commanditaires de ces dernières.

Le Tanzim a son quartier-général à Ramallah et possède des sous-structures dans la plupart des villes et villages des territoires occupés, dont dix à Ramallah même.

Les universités de Bir Zeit (Bethléem) et Al-Najja (Naplouse) servent de base de recrutement, et également d’entraînement des militants.

En 2001, Majad Mansour crée une nouvelle aile militaire du Tanzim, les « Black Arms » dans le village de Kalil, à proximité de Naplouse. Après sa mort en avril 2002, les Black Arms sont repris par son frère ► Raad Mansour. Les activités des Black Arms seraient supervisées par Abdul Fatah Khamil, membre du Conseil Législatif de l’Autorité Palestinienne, par Hassin Al-Cheikh et par Hossam Shahin, responsable de l’approvisionnement financier des groupes armés.(1) Les Black Arms sont responsables de plusieurs attentats à l’arme automatique et de l’attentat à la bombe du 2 novembre 2000 à Kfar Saba (2 morts et 70 blessés). Les Black Arms auraient eu des contacts avec le ► Hezbollah en octobre 2003 en vue de l’organisation d’attentats-suicide.(2)

Opérations

Le 22 juillet 2002, une heure et demie après la décision des chefs du Tanzim, réunis à Djenine de publier la déclaration d’un cessez-le-feu unilatéral, les forces israéliennes éliminaient ► Salah Shehadeh à Gaza en bombardant sa maison avec deux appareils F-16, tuant 11 autres personnes. Résultat de deux mois de négociations entre les chefs du Fatah, du Tanzim, du Hamas et du Djihad Islamique sous l’impulsion de Mohammed Dahlan, chef de la sécurité palestinienne à Gaza, le communiqué avait été préparé dans l’opinion publique une semaine auparavant avec l’aide Abd-El-Aziz Rantisi afin de disposer du soutien populaire nécessaire. Cette initiative avait été soutenue par l’Union Européenne, l’Arabie Saoudite et l’Egypte.

(1)Ministère israélien des Affaires étrangères, 29.03.2004.
(2)Ibid.