Tehrik-e-Jafria-e-Pakistan (TJP)

Autres appellations.-
Tehreek i Jafria Pakistan
Islami-Tehrik-e-Pakistan

(Pakistan) (Mouvement pour l’imposition de la Loi Chiite) Groupe islamiste chiite de tendance iranienne, dirigé par Allama Hassan Tourabi (1999). Mouvement inspiré de la révolution islamique iranienne, réponse de la minorité chiite pakistanaise aux discriminations occasionnées par la majorité sunnite du pays avec une certaine bienveillance du gouvernement.

Il est issu du Tehrik Nifaz e-Fiqah e-Jafria (TNFJ) apparu au Pakistan en 1979, peu après l’avènement de l’ayatollah Khomeyni en Iran. La crainte d’une aide logistique aux partis chiite a stimulé l’adoption de la loi martiale par le général Zia ul-Haq à l’imposition de la loi islamique sunnite. En février 1984, à la mort de son fondateur, le TNFJ (dirigé par le Mufti Kifayat Hussain Naqvi – 2002) se divise en deux tendances, dont le Tehrik-e-Jafria Pakistan représente la plus radicale.

La politique répressive du gouvernement pakistanais a permis au TJP d’asseoir sa position comme mouvement de résistance contre « l’oppression sunnite » et comme bastion de la défense du chiisme, et ainsi acquérir un soutien populaire important. Après la mort de Khomeiny, en 1989, le TJP a tenté d’abandonner sa stratégie révolutionnaire et de se rapprocher du statut d’un parti politique « normal » et s’allie, dès 1990, avec le parti de Benazir Bhutto(1). Le TJP reste cependant pris dans un cycle de violences de caractère vengeur contre le  Sipah-i-Sahaba Pakistan (SSP). L’orientation plus modérée du parti aura pour conséquence la dissidence de factions radicales du mouvement, qui perpètrent des attentats meurtriers contre des mosquées et les partisans de mouvements radicaux sunnites. Le plus célèbre de ces groupes dissidents est le  Sipah-i-Mohammad Pakistan (SMP), issu de l’organisation estudiantine « Imamia Students Organization » en 1993.

Le TJP est tout d’abord dirigé par Allama Arif Husseini, assassiné le 6 août 1988, puis par Allama Saïd Ali Naqvi, puis par Anwar Ali Akhuzada qui est assassiné le 23 novembre 2000(2). Syed Raziuddin Rizvi est alors nommé secrétaire-général du TJP.

Le mouvement fait l’objet d’une répression sévère au Pakistan et a subit une importante vague d’arrestations en août/septembre 1997. Il est l’un des cinq mouvements extrémistes déclarés illégaux par le président Moucharraf le 12 janvier 2002. Il change alors de dénomination pour devenir l’ Islami-Tehrik-e­Pakistan. Son chef est Sajid Naqvi, soupçonné d’être impliqué dans le meurtre du chef du Millat-e Islami-ye Pakistan (MIP), il est arrêté en novembre 2003.

(1)Sa mère Nasrat Bhutto est d’origine chiite. En 1997, cependant cette alliance se fissure et Benazir Bhutto s’associe avec le parti de Nawaz Sharaf, plus prometteur.
(2)L’assassinat est attribué au Lashkar-i-Jhangvi (LiJ), dont quatre militants sont arrêtés pour ce meurtre en mars 2001.