terrorisme religieux

Type de terrorisme nouvellement apparu dans l’actualité, mais en fait l’une des plus anciennes manifestations du terrorisme. Entre 66 et 73 av. J.-C., en Palestine, les Zélotes combattirent l’occupation romaine avec des méthodes relevant du terrorisme en empoisonnant les puits, assassinant et massacrant la population. Le « jusque-boutisme » religieux a touché toutes les religions à une période ou une autre de l’histoire jusqu’à notre époque.

Durant la guerre froide, le terrorisme est souvent l’expression de l’antagonisme Est-Ouest. Les revendications identitaires, autonomistes, religieuses et autres sont exploitées par les grandes puissances et transformées en un combat politique. A l’exception des conflits intérieurs en Inde, qui restent fortement influencés par les rivalités religieuses, ce n’est véritablement qu’avec la tentative de Révolution Islamique iranienne, et l’effondrement de l’empire soviétique qui interviendra une décennie plus tard, que la religion devient un des moteurs de l’action terroriste.

La proportion de mouvements terroristes à tendance religieuse parmi les principaux mouvements actifs augmente de manière significative dès 1990. Dès le milieu des aimées 90, c’est l’accroissement spectaculaire des groupes terroristes à vocation indépendantiste ou identitaire, qui fait apparaître un recul apparent du terrorisme religieux.

La principale caractéristique du terrorisme religieux est qu’il s’inscrit dans un référentiel non-séculier. Ses objectifs ne se situent pas au niveau de la société, mais des idées, de la morale ou de la « spiritualité ». Le terrorisme politique, lui, cherche à atteindre des objectifs liés à la société temporelle, il doit donc trouver un équilibre délicat entre l’action violente et une mobilisation nécessaire au soutien politique.

Ainsi, l’on constate que le terrorisme politique, même s’il est meurtrier, fait souvent preuve de « retenue ». Par exemple, fréquemment, les attentats à la bombe sont annoncés à l’avance, ou les bombes explosent à un moment où le nombre de victimes potentielles est plus faible. L’objectif est plus souvent de démontrer la capacité de tuer, une capacité de conserver l’initiative et est ainsi davantage une manifestation de puissance.

Le terrorisme religieux, en revanche, évolue dans un système complexe de valeurs d’ordre moral ou spirituel, face auquel la vie humaine n’a qu’un poids limité.

Le terrorisme nord-irlandais, en dépit de la violence entre les communautés catholique et protestante n’est pas un terrorisme d’inspiration religieuse. Il est le moyen choisi pour changer une situation politique et sociale issue d’une époque où l’appartenance à l’une ou l’autre des communautés avait des conséquences sociales. L’enjeu du terrorisme en Ulster dans ni l’une ni l’autre des deux parties ne se situe au niveau religieux.

De manière analogue, le terrorisme palestinien des années 60-80 avait des objectifs politiques et sociaux, et non religieux, même si le gouvernement israélien a souvent expliqué ce terrorisme par l’antagonisme religieux. Il en est cependant tout autre du terrorisme des mouvements palestiniens islamistes. Avec la disparition du soutien idéologique (et logistique) des pays de l’Est, le terrorisme en Palestine a été alimenté par l’islamisme. Ainsi, comme on le constate avec les ► Frères Musulmans il y a un compromis entre les objectifs politiques et sociaux « traditionnels » du terrorisme palestinien et ceux du terrorisme islamique.

Les spécificités du terrorisme religieux se retrouvent dans les stratégies de mouvements terroristes à cause unique :

  • Millénaristes
  • Anti-spécistes
  • Ségrégationnistes et suprématistes
  • Anti-abolitionnistes
  • Ecologistes, etc.

Tous cherchent à imposer un ordre moral à la société, parfois de manière paradoxale, comme les anti-abortionistes qui n’hésitent pas à assassiner pour promouvoir la valeur de la vie.

Dans cette catégorie tombe le terrorisme islamique, la secte ► AUM Shinri Kyo. Il faut distinguer ici les mouvements qui ont un combat strictement religieux (comme la secte AUM ou d’autres mouvements islamistes au Pakistan) et les mouvements qui ont une démarche nationaliste-religieuse (comme le ► Hamas, en Palestine).