Tupamaros

Autre appellation :
Movimiento de Liberación Nacional

Tupamaros(Uruguay) Groupe terroriste d’extrême-gauche principalement actif à Montevideo au début des années 70. Il tire son nom de « Tupac Amaru » chef Inca qui avait combattu les Conquistadores espagnols(1). Il est fondé en 1963 par Rafil Sendic, un étudiant vivant à Montevideo. Comme la plupart des mouvements révolutionnaires sud-américains de cette époque, la stratégie d’action s’oriente délibérément sur la « lutte armée ». Ses membres se recrutent au sein de la jeunesse de la classe moyenne, étudiants ou employés « en col blanc ».

Durant la période 1963-68, le mouvement met en place les ressources nécessaires à son action. Outre le recrutement, à travers des actions de « propagande armée », il se crée un trésor de guerre par des exactions diverses, attaques de banque, racket, etc. Il s’efforce de mette en évidence l’inefficacité de l’Etat à protéger le citoyen et le pousse à frapper de manière brutale. La stratégie des Tupamaros est complètement façonnée par la doctrine de la ► guérilla urbaine, énoncée par Carlos Marighella.

Dès 1968, l’action se développe, alimentée par la détérioration de la situation économique. Assassinats et kidnappings se suivent, accompagnés de l’organisation de manifestations estudiantines et dans les prisons. En juin 1968, l’Etat décrète l’Etat d’urgence, qui durera jusqu’à la fin 1972. Le premier enlèvement de nature politique a été celui de l’impopulaire directeur de la compagnie nationale du téléphone, Ulises Pereyra, qui rencontre un écho relativement favorable dans la population. En septembre 1969, l’enlèvement d’un banquier pour soutenir ses employés en grève a aussi un retentissement populaire.

Les Tupamaros s’attaquèrent également aux forces de l’ordre en assassinant de manière ciblée certains policiers. Malgré que relativement peu de policiers aient été tués, leu moral des forces de l’ordre s’est rapidement affaibli et la police se met en grève en juin 1970, pour obtenir des moyens supplémentaires, de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés.

Les désordres répétés et une certaine lassitude de la population diminuent le soutien populaire au mouvement. Le nouveau président uruguayen, Juan Maria Bordaberry suspend les libertés civiques, et déclare l’état de « guerre intérieure » en avril 1972. Les forces années, qui avaient été tenues en retrait jusqu’alors, sont engagées. Arrestations massives, torture, détention arbitraire sont alors courantes, mais les guérilleros sont arrêtés ou forcés de quitter le pays. En novembre 1972, le mouvement des Tupamaros est virtuellement disparu. Mais l’Uruguay — longtemps appelé la « Suisse d’Amérique latine » jusqu’au milieu des années 60 — a payé un lourd tribut à la démocratie. Le président élu est renversé le 27 juin 1973 par une junte militaire qui restera en place jusqu’en 1985.

La difficulté de lutter contre les Tupamaros est liée à leur haut degré d’organisation. Ils sont organisés en petites « unités de feu » de 4-5 combattants, bien structurés et cloisonnés qui ne se connaissent pas entre eux.

Après sa neutralisation, certain des membres des Tupamaros ont tenté de reconstituer une nouvelle organisation, mais sans succès.

(1)Tupac Amaru était le dernier membre de la famille royale inca. Il a été tué par les Espagnols en 1571.