Türkiye Isci Koylu Kurtulus Ordusu (TIKKO)

Autres appellations :
Türkiye Ipçi Köylu Kurtulup Ordusu ou Türk Ipçiler Köylüler Kurtulup Ordusu

Turkiye Isci Koylu Kurtulus Ordusu (TIKKO)(Turquie) (Armée de Libération des Travailleurs et Paysans de Turquie) Organisation révolutionnaire de tendance maoïste, bras armé du ► Türkiye Komünist Partisi/Marksist-Leninist (TKP/ML), créé simultanément à ce dernier, le 27 avril 1972. Il est dirigé par Baba Erdogan (éliminé en 1996), puis par Said Cuneyt Kahraman (tué par les forces de sécurité en mars 1997).

Il se réclame des enseignements de Lénine, de Staline et de Mao Zedong. Il vise à renverser le pouvoir actuel en Turquie par la lutte des classes et la voie révolutionnaire violente.

La TIKKO est à la fois au service du TKP/ML et du TKP/ML(Maoist Parti Merkesi) (voir ► Türkiye Komünist Partisi/Marksist-Leninist) pour leurs opérations terroristes.

Le mouvement est essentiellement actif à la fin des années 70 et au début des années 80. En 1987, des dissensions internes conduisent à son éclatement en deux groupes : le TKP/ML-BABK et le Comité de la Région du Kurdistan.

Il est composé de quelques centaines de membres répartis en petites cellules sur l’ensemble du territoire turc. 11 est organisé en quatre unités :

  • Secteur de la Mer Noire,
  • Secteur Dersim (Tinceli)
  • Secteur Bingôl-Diyarbakir
  • Secteur Anatolie Occidentale (y compris les villes d’Ankara et d’Izmir)

Le TIKKO est l’un des mouvements terroristes les plus virulents actifs en Turquie, même si ses activités se sont réduites depuis 1999. Sa stratégie est inspirée des préceptes de Mao : elle vise à créer des « zones libérées » sur l’ensemble du territoire, à partir desquelles devrait être menée la « guerre populaire » contre le gouvernement.

La Turquie lui prête des sanctuaires en Syrie et en Grèce, mais il ne semble pas que le mouvement soit effectivement soutenu par ces pays. Le 5 mars 1999, il commet un attentat à la voiture-bombe qui a fait trois morts et blesse gravement Ayhan Cevik, gouverneur de Cankiri. Alors arrêté pour cet attentat, Kemal Erturk, devait déclarer que de nombreux membres du TIKKO ont été entraînés aux explosifs au Liban et en Grèce.

Les affrontements entre les forces de l’ordre et le TIKKO sont souvent violents et occasionnent des morts. Entre 1990 et 1993, le groupe a commis quelque 70 assassinats et 45 attentats.

En juin 1993, lors d’une conférence le mouvement décide de restructurer son action : le « Quartier-général Régional de la Mer Noire » accroît ses effectifs dans les secteurs opérationnels « Mer Noire Centre » et « Mer Noire Est ».

En 1995, le TIKKO est renommé Nouvelle Armée du Peuple (Yeni Halk Ordusu — YHO) ou Armée de Libération Populaire (Halk Kurtulus Ordusu — HKO).

Depuis 1998, la TIKKO/YHO aurait un accord de coopération avec le PKK/KADEK(1) sur la base d’une certaine répartition territoriale : le PKK/KADEK opère dans le Sud-Est de la Turquie, et la TIKKO dans la région de la Mer Noire. En octobre 1999, le TKP/ML-TIKKO s’est violemment prononcé contre la décision de Öçalan, chef du PKK/KADEK de renoncer à la violence.

En septembre 2000, le chef local de la TIKKO d’Istanbul a été arrêté. En février 2001, la TIKKO et les forces de sécurité turques se sont affrontées de manière violente à plusieurs reprises. Ainsi, l’attaque contre un général de gendarmerie, le 22 mars 2001 (revendiquée par la TIKKO le 28 mars).

Site Internet : www.partizan.org/tikkopag.htm

(1)Accord initié dans la région du Dersim (Tunceli). (Reuters, 11.03.99)