Turquie

La Turquie est depuis la fin des années 70 le théâtre d’une intense activité terroriste mal connue en Europe. Si le terrorisme kurde est le plus connu, d’autres mouvements terroriste — essentiellement d’extrême-gauche — combinant parfois des idéologies diverses de manière inattendue (marxisme et islamisme). Les mouvements terroristes se multiplient et, bénéficiant du marasme économique, rassemblent des effectifs considérables (on estime le nombre d’activistes du Dev Sol à quelque 5 000 activistes). Entre 1978 et 1980, le terrorisme fait quelque 6 000 morts.

Outre sa violence, la particularité du terrorisme turc est qu’il a progressivement tendance à se confondre avec la criminalité organisée. Les trafics de stupéfiants et la contrebande deviennent le fond de commerce des mouvements.

Le coup d’Etat du général Kenan Evren en septembre 1980, marque le début d’une répression massive, brutale, mais efficace du terrorisme. En 1984, 40 000 personnes ont été arrêtées, 900 000 armes ont été saisies et la situation revient proche de la normale.

Le terrorisme arménien s’épuise après l’offensive israélienne au Liban, qui lui retire ses bases.

Le terrorisme le plus virulent reste le terrorisme kurde, représenté par le  Parti des Travailleurs Kurdes (PKK), qui devient la priorité du gouvernement turc. Le gouvernement turc joue la carte de la rivalité entre les mouvements kurdes. Le terrorisme kurde a fait quelque 1 300 victimes en 1994, et l’on estime que nombre de victimes depuis 1984 s’élève à quelque 30 000 morts pour la Turquie seule.

En 1988, la Turquie accepte 120 000 réfugiés kurdes irakiens. En 1991, elle participe à l’opération Provide Comfort, pour protéger les Kurdes irakiens contre l’armée irakienne. Le gouvernement turc reçoit même les dirigeants de l’UDK et du PDK, afin de les assurer de son soutien et obtenir un refus de soutien au PKK.

Le 6 août 2003, le Parlement turc adopte une loi d’amnistie pour les combattants turcs. Sont particulièrement visés par cette loi les combattants du PKK/KADEK. Ce dernier, cependant, refuse l’offre du gouvernement car elle ne concerne que les combattants de base et non les dirigeants du mouvement, et donc Abdullah oçalan, emprisonné depuis 1999. Par ailleurs, après l’intervention américaine en Irak, les Etats-Unis, soucieux de conserver une certaine stabilité au Nord du pays, n’ont pas caché leur détermination à combattre le PKK/KADEK, si celui-ci cherchait à s’immiscer dans la politique kurde irakienne. Devant ces incertitudes le PKK/KADEK préfère maintenir intacte sa force de combat.

Le succès du gouvernement contre le terrorisme du PKK ne s’est pas assorti d’une amélioration radicale de la situation des Kurdes en Turquie. Les terribles attentats à la bombe de novembre 2003 à Istanbul ont montré qu’au moins deux des auteurs islamistes provenaient de la ville de Bine, ville kurde, autrefois l’un des bastions du PKK. Ceci pourrait indiquer un glissement du terrorisme d’obédience marxiste vers le terrorisme islamiste.

Mouvements d’extrême-gauche

Mouvements islamistes

Mouvements kurdes

  • Parti des Travailleurs Kurdes (PKK/KADEK)
  • Kürdistan Ulusal Kurtulusculari (KUK)
  • Faucons de la Liberté du Kurdistan (TAK)
  • Kürdistan Devrim Partisi (P5K)
  • Kürdistan Demokrat Partisi/Bakur (PDK/Bakur)

Mouvements arméniens

Mouvements d’extrême-droite

Mouvements dissous ou inactifs’depuis 1990

  • Ala Rizgarî (Étendard de la Libération)
  • Baris Partisi (Parti de la Paix)
  • Komîteyî Azadîxwazanî Kurdistan / Kurdistan Ôzgürlük Hareketi (KAK) (Comité pour la Liberté du Kurdistan)
  • Kürdistan Komünist Hareketi (Mouvement Communiste du Kurdistan)
  • Kürdistanli Devrimciler/Soresgêrên Kurdistan (KD/SK) (Révolutionnaires du Kurdistan)
  • Parti de la Libération Nationale du Kurdistan (PRNK)
  • Partizan Yolu (Voie du Partisan)
  • Sosyalist Devrim Partisi (SDP) (Parti de la Révolution Socialiste)
  • Têkosîn (Lutte Armée)
  • Tevgera Rizgariya Kurdistan/Kürdistan Kurtulus Hareketi, Tevger (Mouvement de Libération du Kurdistan)
  • Türkiye Birlesik Komünist Partisi (TBKP) (Parti Communiste Unifié de Turquie)
  • Türkiye Devrimci Komünist Isci Hareketi (TDKIH) (Mouvement des Travailleurs communistes Révolutionnaires de Turquie)
  • Türkiye Devrimci Sosyalist Partisi (TDSP) (Parti Révolutionnaire Socialiste de Turquie)
  • Türkiye Halk Kurtulus Partisi ve Cephesi (Acilciler) (THKP/C-Acilciler) (Parti/Front de Libération du Peuple de Turquie (Les Pressés))
  • Türkiye Komünist Partisi/Marksist-Leninist (Devrimci Partizan) (Parti Communiste de Turquie /Marxiste-Léniniste (Partisan Révolutionnaire)
  • Türkiye Komünist Partisi/Marksist-Leninist (Spartacus) (Parti Communiste de Turquie / Marxiste-Léniniste (Spartacus))
  • Yekîtîya Komunîstên Kurdistan (YKK) (Union des Communistes du Kurdistan)
  • Yesiller Partisi (Parti Vert)

Petit glossaire de la terminologie turque

Cephe Front
Devrimci Révolutionnaire
Hareket Mouvement
Kurtulup Libération
Örgüt Organisation, association
Özgürlük Liberté