Ulster Defence Association (UDA)

Autres appellations :
Shankill Defence Association
Ulster Freedom Fighters (UFF)

(Royaume Uni) Groupe paramilitaire loyaliste d’autodéfense et contre-terroriste formé en Ulster. Il est le bras armé de l’Ulster Democratic Party, qui est l’un des partis loyalistes favorables au cessez-le-feu de 1997. Malgré ses liens avec des groupes loyalistes terroristes et ses propres actions violentes, l’UDA n’a été répertoriée officiellement comme mouvement terroriste et proscrite que le 10 août 1992.

En 1966, le Dr Ian Paisley crée l’Ulster Committee for the Defence of the Constitution (UCDC). La vague d’assassinat menée par l’IRA Provisoire en 1971, conduit l’UCDC à se réunir en septembre afin de déterminer une stratégie. De cette réunion est issue deux groupes :

  • L’Ulster Defence Association (UDA), qui veut maintenir ses actions dans le cadre de la loi par une stratégie essentiellement défensive ;
  • L’ ► Ulster Volunteer Force (UVF), qui prône un contre-terrorisme actif et l’élimination d’un catholique pour chaque protestant tué.

Toutefois, tous les dirigeants de l’UDA ne partagent pas entièrement la position défensive du mouvement. Charles Harding-Smith maintient des liens avec l’UVF et crée des commandos qui opèrent dans l’ombre de l’UDA, et sous l’appellation d’ ► Ulster Freedom Fighters (UFF). Elle kidnappe et assassine des individus isolés.

En 1975, cependant, l’UDA, craignant d’être mise hors la loi par les autorités britanniques, expulse de l’UFF, dont les procédés ne correspondent pas aux objectifs de l’organisation-mère. Les opérations de racket et de gangstérisme dans les zones contrôlées par l’UDA et l’UFF conduisent à des rivalités meurtrières au sein du mouvement au début des années 70.

En janvier 1987, l’UDA publie un document intitulé « Common Sense » qui esquisse les lignes générales d’un règlement politique de la situation et qui reçoit un écho favorable des autorités britanniques. Elle se joint à d’autres mouvements loyalistes pour promulguer un cessez-le-feu unilatéral le 13 octobre 1994, en réponse au cessez-le-feu de l’IRA. Mais, l’UDA et l’UFF rompent ce cessez-le-feu en décembre 1997 à la suite de dissensions internes. Le cessez-le-feu est repris le 28 janvier 1998. L’UDA soutien l’Accord du Vendredi Saint (10 avril 1998), avec cependant des réserves.

Organisation

En 2002, l’UDA revendiquait 3 000 combattants, organisés en six brigades avec un quartier-général à Belfast:

Organisation de l’UDA (2006)

Unité Chef
North Belfast Brigade Alan McLean (08.2006)
East Belfast Brigade Jim Gray (2003)
West Belfast Brigade Matt Kincaid (07.2006)
South Belfast Brigade Jackie McDonald (?) (2006)
Londonderry / North Antrim Brigade Billy McFarlane (2003)
Southeast Antrim Brigade (1) John « Grug » Gregg (2003)

Contrairement aux autres mouvements irlandais (comme l’IRA) dont les brigades sont rattachées à un commandement et un état-major général, les brigades de l’UDA ont une relative indépendance. Elles doivent, par exemple assurer leur propre logistique. Cette structure de fonctionnement a conduit l’UDA à se transformer en une organisation criminelle, utilisant le racket et l’extorsion pour se financer et n’hésitant pas à éliminer les chefs d’unités « concurrentes » afin de prendre le contrôle de certaines zones. Ainsi, Johnny Adair (alias Mad Dog), commandant de la West Belfast Brigade a tenté de faire éliminer deux de ses partenaires en 2002 et a été expulsé de l’UDA en septembre.

Le deuxième bataillon de la West Belfast Brigade est demeuré tristement célèbre pour ses actions violentes. Il est composé de la Compagnie A (Upper Shankill), Compagnie B (Mid-Shankill) et la Compagnie C (Shankill Road). La Compagnie C — anciennement dirigée par Johnny Adair — est réputée la plus brutale. En 2003, les chefs des Compagnies A, B et D lancent un ultimatum aux membres de la Compagnie C pour qu’ils se désolidarisent de leur chef et rejoignent les autres compagnies. Au début 2003, une centaine de membres de la Compagnie C font défection en demandant protection pour leurs familles et proches contre des représailles.

Les effectifs de l’UDA ont culminé durant les années 70 avec quelque 30 000 membres, et est probablement aujourd’hui de quelques centaines d’activistes.

Après les accords de paix, l’UDA est restée prise dans la dynamique des activités criminelles et des règlements de compte avec l’UVF et les ► Red Hand Commandos (RHD). En 2006, elle a conservé ses structures et son arsenal militaire, voire l’a renforcé, sans donner signe d’un éventuel désarmement(2). En juillet 2006, la Compagnie J, responsable des zones de Tigers Bay et Westland, qui avait fait sécession de la North Belfast Brigade pour des raisons de divergences avec le leadership de la brigade, rejoint cette dernière.

(1)Cette brigade aurait pris la désignation de ► Red Hand Defenders (RHD) pour mener ses actions.
(2)Twelfth Report of the Independent Monitoring Commission, London, October 2006, p. 13-15