Veuves Noires

(Russie) Surnom donné à un groupe de femmes tchétchènes, souvent veuves de combattants tchétchènes, ainsi surnommées en raison de leur hijab noir, qui commettent des attentats-suicide en Russie. Elles sont également connues sous les sobriquets de « shakhidki »(1) ou de « smertnitsy ».(2) Leur détermination est sans doute plus souvent liée à leur besoin de venger leur conjoint qu’à des motifs religieux.

En 2003, la Russie a été le théâtre de plusieurs attaques-suicides menées par des femmes tchétchènes :

  • Attaque du 5 juillet 2003, contre un concert de rock organisé à l’aéroport Tushino, menée par deux jeunes femmes tchétchènes — dont ► Zulikhan Elikhajieva — ceintes de ceintures explosives contenant des morceaux de métal, qu’elles ont déclenchées à 13 minutes d’intervalle devant l’entrée du festival, tuant 14 personnes et en blessant 53.
  • Attaque du 10 juillet 2003, à la 1e Tverskaya-Yamskaya Ulitsa, au restaurant « Imbir », un restaurant à la mode de Moscou, où Zarema Muzhikhoyeva, une jeune femme tchéchène de 22 ans a tenté de déposer un sac contenant 400 grammes d’explosifs. Intercepté, le sac a cependant explosé lors de la tentative de désamorçage, tuant le sapeur du FSB. Le mari de la jeune terroriste avait été tué par les forces de sécurité en Tchétchénie et leur maison familiale avait été détruite lors de la première guerre de Tchétchénie.
  • En Ossétie du Nord, au début juin 2003, une femme tchétchène fait exploser une bombe dans un autobus chargé de 30 militaires des forces aériennes russes à proximité de la base aérienne de Prokhladny, près de Mozdok.
  • En Tchétchénie, le 14 mai 2003, Shakhida Baimuratova une femme de 49 ans qui a perdu son mari en 1999, tente d’assassiner le chef de l’administration tchétchène pro-russe Akhmad Kadyrov lors d’un festival religieux.
  • Prise d’otages de Beslan, en Ossétie du Nord, au début septembre 2004, où, parmi les preneurs d’otages, au moins une « veuve noire » se trouvait.

Une des protagonistes de la prise d’otage dans le théâtre de la Dubrovka à Moscou, en octobre 2002, avait perdu son mari lors du conflit tchétchène.

(1)De l’arabe « shahid », martyr
(2)Littéralement « femmes condamnées à mort »