Yémen

Yémen

Après avoir activement soutenu de nombreux mouvements terroristes durant les années 70, le Sud-Yémen a fortement ralenti ses activités durant les années 80. Apparemment, certains membres de mouvements terroristes de ces années, comme Organisation ► Abou Nidal.

Aujourd’hui, et surtout depuis la chute de l’URSS, Sanaa cherche à renouer le dialogue avec les pays occidentaux et ses voisins arabes. Le Yémen est devenu un pays victime du terrorisme islamiste djihadiste, essentiellement dirigé contre le gouvernement et ses liens avec l’étranger. Toutefois, l’éclatement d’une rébellion des chiites zaydites(1) au nord du pays, dans le gouvernorat de Sa’ada, en 2004, a conduit le gouvernement a s’engager brutalement contre les rebelles chiites. Dirigée par Hussein al-Houti, la rébellion zaydite tend à gagner en importance. Cette situation a conduit le président Ali Abdullah Saleh à conclure des alliances contre nature avec les mouvements dijahistes de Tarik al-Fadli et d’Abd-el-Majid bin Aziz al-Zindani  pour former une « armée populaire » destinée à combattre les insurgés.

Plusieurs facteurs ont influencé le développement du radicalisme au Yémen. En premier lieu, l’importance croissante du chiisme au Moyen-Orient, conséquence directe de l’intervention bien peu réfléchie des Etats-Unis en Irak, a accentué les craintes de l’Arabie Saoudite et renforcé le soutien aux mouvements sunnites radicaux. En second lieu, l’obsession des Etats-Unis à combattre « Al-Qaïda » partout dans le monde au mépris des souverainetés nationales n’a fait que renforcer la volonté djihadiste (qui est fondamentalement dirigée contre l’interventionnisme occidental sous toutes ses formes). Ainsi, les bombardements aériens effectués au moyen de drones depuis la base aérienne du camp Lemonnier à Djibouti a donné une légitimité nouvelle aux djihadistes.

Comme la plupart des révoltes du « printemps arabe », celle du Yémen a été parrainée par les forces radicales sunnites, qui sont ainsi parvenues à renverser le président Ali Abdallah Saleh (chiite). Le nouveau président, Abd Rabbuh Mansur Hadi, est originaire du Sud et continue à porter une attention plus soutenue envers la rébellion zaydite au nord, qu’envers les groupes radicaux sunnites du Sud, même si le gouvernement a connu quelques succès contre les djihadistes. Ainsi, les forces yéménites ont démantelé l’ « Emirat de Waqar » à Jaar en juin 2012.

Forces en présence au Yémen (2013)
Forces en présence au Yémen (2013)

Les principaux mouvements radicaux armés actifs au Yémen sont :

a) Mouvements et groupes sunnites

  • La Base du Djihad dans la Péninsule Arabique (BDPA) – également appelée abusivement “Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique” ou AQAP selon son appellation anglosaxonne.
  • Le Mouvement du Djihad Yéménite, apparu en 1992 et dirigé par Tarik al-Fadli, qui a revendiqué une série d’attentats à la bombe en 1997, mais dont l’existence a été réfutée par les autorités du pays. En fait, ce mouvement semble être allié avec les forces gouvernementales pour combattre
  • l’ ► Ansar al-Qaïda (Partisans d’Al-Qaïda) évoqué dans le cadre de l’attentat contre le pétrolier français Limburg. Son existence n’est pas démontrée.
  • l’ ► Armée Islamique d’Aden (AIA) principal coupable de l’attentat contre l’USS Cole.
  • Armée du Groupe Suicide 66 – Aile Militante de Bin Laden, qui avait menacé les Occidentaux résidant au Yémen d’attaques à l’anthrax en février 1999. L’existence de ce groupe est spéculative.
  • Kataeb Jound al-Yemen (Phalanges de l’Armée du Yémen) groupe djihadiste sunnite souvent associé à « ► Al-Qaïda », il est notamment l’auteur d’un attentat à la roquette contre l’ambassade d’Italie de Sanaa, le 30 avril 2008.
  • Al-Islah, mouvement sunnite, considéré comme affilié au mouvement djihadiste international, dirigé par Abd-el-Majid bin Aziz al-Zindani.
  • Al-Hirak, mouvement sunnite qui regroupe les provinces du Yémen du Sud, qui revendiquent l’indépendance. Les récentes propositions du gouvernement yéménite pour former une structure fédérale accordant plus d’autonomie aux diverses provinces n’ont pas calmé les velléités d’indépendance. Il comprend les ► Kataeb Shuhada al-Junub (Phalanges des Martyrs du Sud) qui utilisent des méthodes particulièrement brutales dans sa lutte contre les forces de sécurité.

b) mouvements et groupes chiites (zaïdites)

(1)L’imamat Zaydite du Yémen a été créé en 890 par Yayah ibn al-Hussein et a subsisté jusqu’à nos jours. Etat indépendant jusqu’en 1539 à la conquête des Ottomans, il déclare la guerre au Turcs en 1595. Cela conduit au départ des Ottomans en 1635 et à l’indépendance du Yémen jusqu’en 1872. Reconquis alors par les Ottomans, le Yémen n’accédera à son indépendance qu’avec la chute de l’Empire ottoman à la fin de la première guerre mondiale. Une suite de coups d’Etat a finalement établi la République Arabe du Yémen en septembre 1962 et marqué la fin de l’imamat. Actuellement les Zaydites constituent environ 40-45% de la population yéménite et sont essentiellement présents au nord du Yémen.

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